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Le nouveau quartier général
de l’Ordre du Phénix
Ils se retrouvèrent dans un couloir à peine éclairé par des torches fixées aux murs. Un des bouts du couloir était bouché par un amas de pierres ; l’autre se trouvait trop loin pour qu’ils puissent l’apercevoir. C’est là que Mr Weasley se dirigea et Harry le suivit.
Après une marche interminable, ils arrivèrent devant un escalier en haut duquel ils se retrouvèrent à l’air libre. Ils étaient devant une pente douce recouverte de pelouse qui menait à un vaste château hérissé de tours aux sommets pointus.
Harry le reconnut tout de suite : ils se trouvaient à Poudlard. Derrière eux se dressait d’ailleurs le Saule cogneur.
- C’est ça, le nouveau quartier général ? demanda-t-il sans parvenir à cacher son étonnement.
- En effet, répondit Mr Weasley. McGonagall a eu l’idée tout de suite après que le ministère de la magie ait privatisé l’école.
- Privatisé ?
- Tu ne le savais pas ? Je croyais que tu recevais la Gazette du sorcier, chez toi.
- Je n’avais pas trop envie de lire le journal, ces temps-ci, dit Harry d’une voix sombre.
Il savait que la Gazette parlerait de la mort de Dumbledore et il n’avait pas du tout envie que l’on le lui rappelle sans cesse.
- Non, bien sûr, dit Mr Weasley, je comprends.
- Mais pourquoi Poudlard a été privatisé ? Est-ce que ça veut dire que l’école est fermée ?
- Oui. Le conseil d’administration a voté à l’unanimité pour la fermeture de l’école. Scrimgeour a dit qu’il était désormais inutile de payer les professeurs et l’entretien s’il n’y avait plus d’élèves à qui enseigner. Poudlard est donc devenu une propriété privée et est revenu au directeur actuel, c’est-à-dire au Professeur McGonagall.
Entre temps, ils étaient arrivés devant les portes de chêne du château.
- Bon, je dois te laisser, maintenant, annonça le père de Ron. Le Professeur McGonagall veut te voir avant que tu ne rejoignes Ron et Hermione dans la salle commune des Gryffondor. Elle habite désormais l’ancien bureau du Professeur Dumbledore. Au revoir, Harry.
Celui-ci remercia et souhaita une bonne journée à Mr Weasley qui retourna vers le Saule cogneur.
Harry ouvrit les portes et se retrouva dans le hall d’entrée. Il monta l’escalier de marbre et grimpa jusqu’au deuxième étage. En se retrouvant devant la gargouille qui masquait l’escalier mobile qui menait au bureau de Dumbledore, il se rendit compte qu’il ne connaissait pas le mot de passe. Mais à sa grande surprise, la statue de pierre se déplaça sans qu’il n’ait eu à parler. Il grimpa les marches et frappa.
- Entrez ! répondit une voix qu’il reconnut comme celle du Professeur McGonagall.
Il entra donc et découvrit le bureau du directeur très différent. Les instruments d’argent avaient disparu pour faire place à la paperasse, sans doute des dossiers concernant l’Ordre.
- Bonjour Harry, dit McGonagall en levant les yeux vers lui. Je vous attendais. Asseyez-vous.
Harry s’installa dans le fauteuil faisant face à McGonagall et demanda :
- Bonsoir. Pourquoi vouliez-vous me voir, Professeur ?
- Pour parler, répondit celle-ci d’un air tout à fait sérieux. Je voudrais discuter avec vous du testament du Professeur Dumbledore.
Harry, qui ne voulait pas penser une seule seconde à la mort de Dumbledore, fut soudain ramené à la réalité que ses rêves lui montraient depuis maintenant cinq semaines. Tout comme pour Sirius, il n’avait pas songer un instant au testament que le défunt directeur aurait pu lui laissé. D’ailleurs, pourquoi l’aurait-il fait ? Il ne voyait pas pourquoi Dumbledore l’aurait mis sur son testament ; ils n’étaient pas de la même famille. Ils n’étaient pas réellement proches. Cependant… Dumbledore lui avait appris tant de choses… tant de choses sur Voldemort… tant de choses sur lui-même, sur son pouvoir qu’il ne comprenait pas encore tout à fait : l’amour. Harry avait finit par nouer sans s’en rendre compte un lien étroit avec le directeur et c’était pour cela qu’il avait été si bouleversé lorsque celui-ci avait été tué par Rogue. Plus encore que pour Cédric, plus encore… et il avait presque honte de l’avouer, que pour Sirius. Ce n’était pas parce qu’il aimait plus Dumbledore que son parrain mais parce que c’était son plus grand et son dernier défenseur face à Lord Voldemort et à ses partisans.
- Mais quel est le rapport avec moi ? demanda-t-il en sachant pertinemment la réponse.
- Parce que vous êtes dessus. Le Professeur Dumbledore vous a légué une lettre ainsi qu’un rapport résumant toutes les activités des mangemorts que le fruit du travail des membres de l’Ordre nous a permis de connaître.
Harry comprit soudain. Il s’agissait de renseignements qui seraient sans doute utiles lors de sa quête des horcruxes et de Voldemort. Mais il se demandait ce que Dumbledore avait pu laissé dans sa lettre.
- J’ai moi aussi hérité d’une lettre dans laquelle Dumbledore me dit de ne pas entraver ce que vous entreprendrez car il s’agit d’une mission d’une importance capitale que vous seul pouvez accomplir. Je ne compte donc pas m’opposer à ce que vous ferez, quoi que ce soit. Je voudrais simplement vous demander quelle est cette mission si importante et si nous pourrions vous aider.
- Non, vous ne pouvez pas m’aider. Quant à votre première question, la communauté des sorciers en a déjà compris la réponse.
La dernière phrase, Harry ne l’avait pas réellement prononcée mais il l’avait pensé si fort qu’il avait l’impression que le Professeur McGonagall l’avait entendu. Mais il donna quand même une réponse :
- Et je ne peux pas vous dire ce que je dois faire.
- Très bien, Potter. Dans d’autres circonstances… Mais bon ; apparemment je ne dois pas interférer puisque Dumbledore lui-même le voulait. Je vous souhaite bonne chance et sachez que vous pourrez toujours compter sur moi. Je vous transmettrai les découvertes de l’Ordre si vous le demandez.
- Merci Professeur. Au revoir.
- Au revoir, Potter.
Il se leva, et se dirigea vers la porte mais une pensée lui vint soudainement. Il se retourna vers McGonagall et demanda :
- Euh, Professeur, est-ce que les elfes de maison sont toujours là ?
- Oui, répondit McGonagall, étonnée. Pourquoi cette question ?
- Eh bien, je voulais vérifier que je n’avais pas lâché Kreattur dans la nature sans m’en rendre compte.
- Ne vous inquiétez pas à ce sujet. Les elfes ne réclames pas d’être payés alors nous n’allons pas bêtement les renvoyer.
- Mais comment faites-vous pour vous nourrir, maintenant ?
- Dumbledore considérait l’école comme sa famille et lui a légué une bonne partie de ses biens financiers.
- Ah, je vois…
Ils se dirent à nouveau au revoir et Harry sortit pour se rendre à la salle commune.
Une fois arrivé devant le portrait de la Grosse Dame au septième étage, le tableau pivota sans qu’il ait eu à dire un mot, comme pour la gargouille. Il voulut alors demander pourquoi mais avant qu’il ait pu prononcé le moindre mot, il fut rentré de force dans la salle commune des Gryffondor.
- Ron ! Tu n’avais pas besoin de le prendre si violemment ! s’exclama une voix qu’il reconnut comme celle d’Hermione Granger, une de ses deux meilleurs amis.
- C’est bon, répliqua Ron Weasley, son autre meilleur ami, je ne lui ai rien fait, regarde. Pas vrai, Harry ?
- Faut voir, répondit celui-ci. T’as une sacrée poigne quand tu t’y mets.
- Salut, Harry ! Comment ça s’est passé chez ton oncle et ta tante ? demanda Hermione.
- Pas très bien, avoua Harry.
- En tout cas, tu es libre, maintenant ! dit Ron.
- Ouais ! Et ça se fête ! dirent deux personnes en cœur.
C’est alors qu’Harry se rendit compte que Fred, George, et Ginny se trouvaient également dans la salle. Il y avait sur les tables des friandises de toutes sortes : des chocogrenouilles, des dragées surprises de Bertie Crochue, des fils dentaires en sucre, des patacitrouilles, etc. Il y avait aussi une énorme tarte à la mélasse : son plat préféré.
- On a voulu faire une petite fête pour fêter ton départ définitif de chez les moldus, annonça Ron.
Ainsi se firent les retrouvailles entre Harry et ses amis. Ils grignotèrent, parlèrent de choses et d’autres (surtout de quidditch). Ils discutèrent de Poudlard en tant que nouveau Q.G. de l’Ordre du Phénix en évitant de parler de ce qui s’était passé il y a un mois. Ainsi, Harry apprit que le seul moyen de rentrer dans le Château était de transplaner dans le tunnel entre le saule cogneur et la cabane hurlante pour ressortir par l’arbre (quasiment toute la partie du couloir du côté de la cabane hurlante avait été bouchée de telle sorte qu’il ne reste plus qu’un petit espace en dehors de l’enceinte de l’école où les membres de l’Ordre pouvaient transplaner : un système ingénieux. Il n’y avait plus de mots de passe désormais : c’était devenu inutile puisque seul les gens de confiances savaient comment entrer dans le domaine.
A midi pile, un avion en papier rouge et or s’engouffra par le portrait de la Grosse Dame.
- Mais c’est une note de service comme au ministère de la magie, s’étonna Harry. Qu’est-ce que ça fait ici ?
- C’est Percy qui a eu l’idée, répondit Ginny. C’est pour éviter des déplacements inutiles dans ce grand château.
- Percy est ici ? demanda Harry en essayant de cacher le malaise qu’il avait ressentit en entendant Ginny lui adresser la parole pour la première fois depuis qu’il l’avait quittée en juin.
- Oui, répondit Hermione, il est revenu au début de l’été.
- C’est maman, annonça Ron. Elle nous demande venir pour le déjeuner. Moi, je ne peux plus rien avaler après tout ça. »
Avant de passer par le portrait, Ginny retint Harry.
- Est-ce que je peux te parler ?
- Plus tard, répondit-il.
- Alors après le déjeuner, d’accord ?
- OK.
Ils descendirent donc dans la grande salle où il n’y avait plus qu’une seule table : celle des professeurs. Mrs Weasley, Bill et Fleur étaient assis. Ils s’assirent eux-mêmes.
- Oh, bonjour, Harry ! dit Mrs Weasley lorsqu’elle le vit. Comment vas-tu ?
- Ca peux aller, répondit-il.
- Très bien. On fête ton anniversaire, aujourd’hui.
Harry, qui ne s’était pas empiffré comme Ron, avait encore suffisamment faim pour le rôti d’agneau, les pommes de terre, et aussi pour le gâteau d’anniversaire au chocolat.
A la fin du repas, tout le monde se leva. Mais Harry et Ginny s’attardèrent dans la grande salle.
- Alors, demanda Harry, qu’est-ce que tu voulais me dire ?
- Je voulais parler de nous, bien sûr, répondit Ginny.
- J’ai déjà dit tout ce que j’avais à dire là-dessus.
- Non, tu ne m’as pas tout dit. Tu ne m’as pas dit ce qui se passera quand Voldemort aura été vaincu.
Harry fut très étonné d’entendre Ginny prononcer le nom de Voldemort. Mais il se rappela qu’elle l’avait déjà fait la dernière fois qu’ils s’étaient vus, quand il lui avait annoncé qu’ils devaient se séparer. Ginny lui avait alors répondu qu’elle savait que Harry ne se sentirait jamais tranquille tant qu’il ne se sera pas lancé à sa poursuite. Elle avait dit que c’était ce qui lui plaisait tant chez lui…
- Quand Voldemort aura disparu, on verra, reprit Harry. Mais est-ce que tu aurais seulement le courage d’attendre ?
- Ca dépend si ça prend trop de temps. Mais j’essaierai. Je ne m’imagine pas vivre sans toi après t’avoir attendu si longtemps.
- J’espère que ce sera possible.
- Mais il y a aussi une autre possibilité… commença Ginny.
- Laquelle ? demanda Harry en connaissant la réponse.
- Je pourrais venir avec toi.
- Je t’ai déjà dit pourquoi je ne voulais pas qu’on reste ensemble. Je ne reviendrais pas sur ma décision.
- Ecoute, je veux venir avec toi et même si tu ne le veux pas, je pourrais très bien te suivre et ça me mettrait en plus grand danger que si j’étais accompagné par toi.
- Si je devais veiller sur toi, ça me gênerait parce que je ne serais jamais tranquille.
- Bon. L’année dernière, je t’ai dit que je savais que tu voudrais te lancer à la poursuite de Voldemort. Mais pourquoi veux-tu risquer ta vie ainsi ? Tu ne seras jamais à la hauteur ! Ou alors il te tuera avant que tu aies une expérience magique suffisante, ajouta-t-elle les larmes aux yeux.
- Ecoute… commença Harry.
Il hésitait. Dumbledore lui avait conseillé de ne rien révéler à personne au sujet de la prophétie. Cependant, il lui avait quand même conseillé de le révéler à ses plus proches amis : Ron et Hermione. Cette fois, il s’agissait de sa petite amie et à ses yeux, elle était tout aussi importante que ses deux meilleurs amis, à présent.
- Ecoute, il faut que je te dise quelque chose. Quand je suis revenu du ministère avec Dumbledore il y a un an, il m’a révélé le contenu de la prophétie qui s’est brisée et sur laquelle étaient écrit mon nom et celui de Voldemort. Elle dit que je suis le seul à pouvoir éliminer Voldemort parce qu’il ma « marqué comme son égal » en me faisant cette cicatrice et que j’ai un « pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore ». En fait il m’a transmit sa puissance magique en m’attaquant et la protection magique que m’avait léguée ma mère en mourant à ma place me donnait un avantage sur lui, d’après Dumbledore.
Ginny resta un instant silencieuse. Harry se rendit compte que ce qu’il venait de dire n’avait pas forcément de sens pour elle.
- C’est donc vrai, tu es… Elle s’interrompit un instant puis finit par dire : l’élu.
- Dit comme ça, ça a l’air un peu ridicule, répondit Harry, on dirait un film fantastique moldu. Mais oui, c’est vrai ajouta-t-il d’un air plus sombre.
- Alors tu… tu dois le … tuer ? finit-elle par demander.
- Oui. Et il connaît la première partie de la prophétie qui dit que celui qui peut la vaincre est né en juillet, l’année où la prophétie a été faite. En fait, ça aurait aussi pu être Neville mais il a pensé que ça devrait être moi, je ne sais pas pourquoi.
- Mais alors ce n’est pas forcément toi… commença Ginny.
- Si, c’est moi. La prophétie dit que Voldemort marquera l’élu comme son égal et c’est ce qu’il a fait. En réalité, je ne suis devenu l’élu qu’à partir du moment où il m’a fait cette cicatrice. C’est pour cela que je ne veux pas que tu viennes, Ginny ; pour qu’il ne se serve pas de toi pour m’affaiblir. Parce que si tu mourrais, je n’aurais plus le courage pour tout ça. Et si tu m’accompagnes, tu seras tuée à coup sûr, même si je sais que tu es une excellente sorcière, ajouta-t-il avec un léger sourire.
- Mais si tu meurs, je serai tout aussi triste, qu’est-ce que tu crois ! répliqua-t-elle les yeux un peu brillants. Je ne vois pas pourquoi ça devrait être moi qui doive supporter une telle souffrance !
- Parce que si je meurs, ça voudra dire que plus personne ne pourra vaincre Voldemort et qu’il réussira à prendre le pouvoir. Alors à moins qu’il soit suffisamment stupide pour créer un autre élu, je ne crois pas que ça vaudra la peine de vivre de toutes façons.
Ginny n’avait apparemment plus d’autres arguments en tête pour le moment et elle sortit au bord des larmes de la Grande Salle.
Harry se dirigea lui aussi vers la porte quelques minutes plus tard. Et à sa grande surprise, il découvrit Ron et Hermione dès qu’il fut sorti.
- Qu’est-ce que vous faites là, tous les deux ? demanda-t-il d’un ton énervé et accusateur.
- Qu’est-ce que tu lui as dit pour qu’elle ait l’air aussi triste ? répliqua Ron qui avait l’air lui aussi de contenir une certaine colère, mais sans doute moins forte que celle de Harry quand il s’était rendu compte qu’il était espionné.
- Elle voulait qu’on mette les choses au point et je l’ai fait, c’est tout, répondit-il avec impatience.
- Qu’est-ce que tu veux dire par mettre les choses au point ? demanda timidement Hermione.
Harry se tourna vers elle. Il se demandait comment réagiraient Ron et Hermione quand ils sauraient qu’il avait tout révélé à Ginny.
- Je lui ai dit que je n’avais pas changé d’avis sûr notre rupture et…
- Quoi ? Vous ne sortez plus ensembles ? s’exclama Hermione. Ron aussi avait l’air étonné mais il y avait également une nuance de soulagement dans son regard.
- Non, répondit simplement Harry. J’ai pensé que ce serait trop dangereux pour elle de rester avec moi. Voldemort pourrait vouloir se servir d’elle, comme son horcruxe l’a fait il y a quatre ans.
Il y eut un moment de silence gêné que Ron coupa :
- Je pense que tu as raison, Harry. Merci de prendre soin de ma sœur.
- C’est normal. Je te rappelle quand même que c’est la sœur de mon ami et celle dont je suis amoureux.
Nouveau moment de silence gêné. Ce fut Ron qui le rompit :
- Fred et George nous attendent pour faire une partie de quidditch, dehors. Tu viens ?
- OK.
Et ils sortirent du château pour se diriger vers le terrain de quidditch. Ils jouèrent sur des balais volants toute la journée (Hermione en avait emprunté un dans la réserve de quidditch de balais du collège). Ils avaient changé plusieurs fois les équipes ; comme ils étaient en nombre impair, il n’y avait qu’un seul but pour les deux équipes et le gardien (souvent Ron) ne se trouvait donc dans aucune équipe particulière. Ils sortirent du stade après la victoire écrasante de Harry et Fred contre George et Hermione. C’était la différence de niveau entre Harry et Hermione qui avait fait la différence vu que les jumeaux étaient exactement du même niveau au quidditch.
Ils rentrèrent sous une brume glacée provoquée par la multiplication des détraqueurs dans le pays.
Ils dînèrent seuls dans la Grande Salle (Mrs Weasley et les autres avaient déjà dîné car ils étaient rentré tard du quidditch).
Harry, Ron, et Hermione se retrouvèrent dans le dortoir normalement réservé aux garçons de septième année.
Ron et Hermione étaient assis sur le lit de Ron et Harry sur le sien, juste en face. Hermione prit la parole :
- Alors, qu’est-ce qu’on va faire ?
- Qu’est-ce qu’on va faire pour quoi ? demanda Harry.
- Tu sais bien… pour les horcruxes, répondit-elle.
- Oh… Eh bien… Je ne sais pas trop… Attends une seconde.
Il sortit de la poche de son jean un morceaux de parchemin soigneusement plié sur lequel était écrit :
1. Bague de Gaunt : détruite
2. Journal de Jedusor : détruit
3. Médaillon de Serpentard : RAB
4. Coupe de Poufsouffle : ?
5. ? : peut-être objet ayant appartenu à Gryffondor ou à Serdaigle.
6. ? : Sûrement le serpent de Voldemort : sûrement avec lui : ?
7. Voldemort : ?
- Je pense qu’on devrait commencer par le médaillon de Serpentard, finit-il par dire. C’est l’horcruxe pour lequel on a le plus d’indices. Et puis je veux terminer ce que j’aurais dû faire avec Dumbledore.
- Oui, je pense comme toi, dit Hermione. C’est pour ça que Ron et moi on a demander à McGonagall si on pouvait regarder dans les archives de l’école, et on a trouvé plusieurs noms mais il y en a qu’un qui appartienne à un ancien mangemort. Or, celui qui a écrit ce message devait connaître Voldemort.
- Qui est-ce ? demanda Harry.
- Eh bien, c’est Regulus Alaphard Black, le frère de Sirius.
- Lui ? C’est impossible que ce soit lui.
- Ecoute Harry, on a demandé à McGonagall de nous en parler et elle nous a confirmé que c’était un mangemort.
- Je le sais bien, Sirius me l’a dit il y a deux ans. Mais d’après lui, son frère était pour l’extermination des enfants de moldus, lui aussi. Quand il a vu ce que Voldemort faisait pour prendre le pouvoir, il a voulu arrêter mais il s’est fait tué. Il est mort à cause de sa stupidité, pas en se sacrifiant pour détruire un horcruxe.
- Harry, les seules autres personnes ayant étudié à Poudlard n’ont apparemment rien à voir avec Voldemort. Je crois que c’est la seule possibilité, à moins que RAB ne soit pas britannique.
- En tout cas, on devrait commencer par là pour éviter de perdre du temps, intervint Ron.
- On en perdrait quand même, répliqua Harry. Si Regulus a volé l’horcruxe, ça m’étonnerait qu’il l’ait caché au 12, square Grimmaurd…
Mais Harry ne termina pas sa phrase. Le 12, square Grimmaurd, comment avait-il pu être aussi bête ? Il se souvint soudain de ce médaillon qu’il n’arrivait pas à ouvrir. Ce médaillon avait la même taille que celui qu’il avait vu dans le souvenir qui montrait la mère de Voldemort. Et il y avait un serpent, gravé dessus, comme tous les objets de la maison, comme le médaillon de Serpentard !
- Attends, reprit-il, peut-être que tu as raison. Vous vous souvenez de ce médaillon qu’on n’arrivait pas à ouvrir là-bas ? Il y avait un serpent dessus. Au début, je croyais que c’était parce que les parents de Sirius étaient adeptes de la magie noire mais peut-être que c’était parce qu’il avait appartenu à Serpentard !
- Mais oui ! s’exclama Hermione. Je n’y avais pas pensé ! Maintenant, tu es obligé d’admettre qu’on devrait commencer par là…
- Une seconde, dit Ron, si le médaillon était caché là-bas, il est possible que ça face partit des objets que Mondingus a volés, non ?
Les visages de Harry, Ron, et Hermione, s’assombrirent. C’était vrai, Mondingus Fletcher, un membre de l’Ordre et surtout un escroc de première, avait emporté une bonne partie de l’argenterie qui se trouvait dans l’ancien quartier général, sans doute pour la revendre à bon prix. S’il avait emporté le médaillon et qu’il l’avait vendu, il y avait peu d’espoirs de le retrouver pour le détruire. Comment allaient-ils faire ?
- Je crois qu’on ne devrait pas commencer par chercher au douze, square Grimmaurd, annonça Hermione.
- Pourquoi ? s’étonnèrent Harry et Ron en cœur.
- Parce que Rogue a certainement révélé l’emplacement de la maison à Voldemort. C’est pour ça que l’Ordre a changé de Q.G., vous vous souvenez ? répondit-elle d’un ton exaspéré. On devrait commencer par trouver aller voir Mondingus à Azkaban pour lui demander ce qu’il sait sur le médaillon. Si on n’apprend rien, on ira au douze square Grimmaurd, mais seulement après avoir trouver les autres horcruxes au cas ou Voldemort est au 12, parce que ça m’étonnerait que Voldemort nous laisse repartir pour chercher les autres horcruxes si on ne les a pas tous trouvés.
- Oui, tu as raison, dit Ron.
- Je crois aussi, dit Harry. Mais pourquoi est-ce que tu dis que nous irons le voir en prison ? Mondingus s’est fait arrêté ?
- Oui, répondit Hermione, il a été pris en flagrant délit en train de faire des ventes d’objets douteux.
- Ca ne m’étonne pas, dit Harry d’un ton amer. »
Il n’avait toujours pas digérer que Mondingus, qu’il considérait autrefois comme quelqu’un de plutôt cool, ait pu volé les affaires de son parrain, sans le moindre respect pour sa mémoire.
- Au fait, demanda Ron, rompant ainsi le silence qui s’était installé, tu as entendu parler de la disparition de Trelawney ?
- Trelawney a disparu ?
- Ouais, enlevée apparemment. Il y avait quelques traces de luttes mais elle a dû vite être maîtrisée. Je me demande pourquoi est-ce que…
- Mais alors elle est en danger ! s’écria Harry. C’est elle qui a fait la prophétie sur moi et Voldemort !
- Quoi ? s’étonna Hermione. C’est cette vieille folle ? Mais c’est impossible qu’elle ait pu…
- Je crois qu’elle est capable de faire ce genre de prédiction mais sans s’en rendre compte. C’est apparemment tout ce qu’elle a hérité de son ancêtre célèbre. Elle ne se rend pas du tout compte qu’elle fait ces prophéties. Elle n’en a pas le moindre souvenir. Mais Voldemort risque de trouver ce qu’il cherche avec la légilimancie. Il saura que notre affrontement est inévitable et qu’il m’a marqué comme son égal et que je possède un pouvoir qu’il n’a pas. Il ne prendra plus de risques et s’arrangera pour me faire tuer par quelqu’un d’autre. Maintenant, ce sera beaucoup plus difficile de le trouver.
Après un nouveau moment de silence, Hermione suggéra qu’il était peut-être temps de se coucher. Elle partit donc dans le dortoir des filles après avoir dit bonsoir à Harry et Ron qu’elle avait embrassé. Harry ne manqua pas de le remarquer.
- Alors, demanda-t-il d’un air malicieux une fois couché dans le lit à baldaquin, comment ça se passe avec Hermione ?
- Qu’est-ce que tu veux dire, dit Ron, les oreilles toutes rouges.
- Oh, ça suffit ! Tu vois très bien ce que je veux dire ! Comment ça va sur le plan… affectif ? suggéra Harry en réprimant un sourire.
Ron finit par sourire lui aussi.
- Plutôt bien.
- C’est ce que j’avais cru voir.
- Hermione et moi, on s’est rapprochés pendant les vacances. Je pensais que c’était fichu pour elle et moi mais on a finit par sortir ensembles. Mes parents ne sont pas au courant mais d’après Hermione, ils se doutent de quelque chose.
- Et alors ? Je ne vois pas pourquoi tu serais gêné.
- Et toi, est-ce que ta décision de rompre avec Ginny est définitive ?
- Non. Je crois que je vais ressortir avec elle si je survis à tout ça.
- Je l’espérais.
- Pourquoi ? Je croyais que ça te déplaisait qu’elle sorte avec des garçons ?
- Oui mais elle a l’air heureuse avec toi et puis je sais que je peux te faire confiance.
- Merci.
Sur ces mots, la discution se termina et les deux amis finirent par s’endormir profondément.