Accueil Date de création : 21/07/06 Dernière mise à jour : 30/06/08 12:41 / 76 articles publiés

Chapitre XXXIV : La Guerre des Sages (suite et fin du chap)  ([Fanfiction] Harry Potter et la Guerre des Sages) posté le dimanche 29 avril 2007 16:13

 

   - Très bien, Potter..., murmura-t-il sur un ton de rage glaciale. J'admets que tu m'as battu sur ce sortilège... Et tu serais également sans doute capable de rivaliser avec moi pour un bon nombre de maléfices... mais ça ne fait rien, dit-il avec un sourire démentiel qui parvenait encore à retirer de l'humanité à son visage qui en était pourtant déjà totalement dépourvu. Il existe toujours un sortilège, un sortilège que tu ne pourras pas éviter éternellement, et jamais tu ne pourras le vaincre, parce que tu es trop faible pour ça, trop faible pour l'utiliser toi aussi... Ce soir, tu vas mourir, Potter... Adieu !

   Un brusque bruit de rafale de vent retentit, et un éclair de lumière verte éblouissante fusa vers Harry. Ce dernier ne pouvait pas fuir et, de toutes manières, comme l'avait souligné Voldemort, cela aurait sans doute fini par devenir inutile... Tentant le tout pour le tout, Harry se concentra une nouvelle fois sur la pensée du sortilège Inertio, et un jet de lumière blanche, plus rapide, frappa le sortilège de Mort à mi-chemin. L'Inertio ne fut pas brisé, il ne s'évanouit pas, et l'Avada Kedavra fut nettement ralenti ; mais il avançait toujours d'une allure certaine en direction de Harry, qui sentait qu'il allait bientôt mourir...

   A peine eut-il cette pensée que la lumière verte et mortelle sembla reprendre de la vitesse, et Harry serra fortement sa baguette magique en se concentrant de toutes ses forces. Il devait garder espoir, même si c'était perdu, parce que si finalement il y avait une solution, si jamais un miracle se produisait, il ne pourrait pas arriver autrement... Il devait continuer comme il l'avait fait, quelques instants plus tôt ; il devait continuer à se concentrer sur la pensée de ses amis, de Ginny, mais peut-être aussi des autres choses qu'il aimait dans la vie, comme le Quidditch, ou le délicieux festin de fin d'année dans la Grande Salle dans une ambiance festive, avec tous les élèves qui discutaient joyeusement entre eux... Il devait se concentrer sur ce qu'il aimait dans sa vie, parce qu'il aimait vivre, au fond... et il n'avait pas le droit de mourir... Il devait vivre... il voulait vivre...

   L'éclair de lumière verte avait presque entièrement dévoré le sortilège Inertio, à présent. Il ne restait plus qu'une infime lumière blanche entre sa baguette et le sortilège de Mort qui allait l'atteindre dans une fraction de seconde... Au tout dernier moment, Harry se concentra avec fureur sur une unique pensée qu'il se répétait de toutes ses forces, une pensée si forte que Harry se demanda si elle n'avait pas retenti dans le cerveau de Voldemort, s'il ne l'avait pas criée...

   - Je veux VIVRE !

   Aussitôt, le dernier millimètre de lumière blanche s'intensifia jusqu'à devenir quasi-éblouissant. Une seconde plus tard, le sortilège Inertio semblait se fondre dans l'éclair de lumière verte, qui parut soudain perdre de son épaisseur. Il avait également changé de couleur, devenant un fil d'or qui se courba légèrement vers le haut pour prendre la forme d'un arc majestueux...

   Après un bref instant d'incompréhension, Harry eut un petit déclic. Il se souvenait de cette situation comme s'il l'avait vécue la veille...

   - Priori Incantatum..., murmura-t-il à voix basse.

   Ses yeux rouges écarquillés, Voldemort avait l'air stupéfait. Lui ne semblait pas encore comprendre ce qui se passait.

   Tout se déroula d'une façon identique à celle de leur premier duel, trois ans plus tôt. Harry sentit ses pieds et vit ceux de Voldemort se décoller du sol, et ils s'élevèrent lentement dans les airs, avant de ralentir et d'être emportés sur le côté. Ils passèrent au-dessus de l'arcade lézardée avant d'atterrir de l'autre côté, dans une position très semblable, comme si le voile noir n'avait été qu'un miroir dont ils auraient été les reflets.

   Le fil d'or qui reliait leurs baguettes commença à se morceler, projetant d'autres fils identiques qui s'entrecroisèrent jusqu'à former autour d'eux un dôme d'or en forme de toile araignée. Un chant doux et mélodieux retentit alors, un chant que Harry avait été persuadé de ne plus jamais entendre, depuis la fin de sa sixième année, et qui stimulait sa détermination. C'était le chant du phénix mais, plus particulièrement, il le savait, c'était celui de Fumseck ; même si l'oiseau de Dumbledore ne se trouvait évidemment pas dans ce lieu...

   Pendant ce temps, des perles d'or commençaient à se former sur le fil, à mi-chemin entre Harry et Voldemort.

   - C'est impossible ! finit enfin par crier ce dernier, d'un ton de froid dépit. Ollivander aurait dû totalement supprimer ce lien !

   - Eh bien apparemment, il n'a pas tout à fait réussi ! lança Harry d'une voix forte, essayant de supporter la chaleur brûlante du bois de sa baguette magique, à laquelle ses doigts étaient entièrement collés.

   Mais il savait parfaitement ce qu'il avait à faire ; et il éprouvait une totale assurance sur ce point, encouragé par le chant surnaturel de Fumseck. Les perles d'or avaient cessé de se former, à présent, et Harry se concentra alors de toutes ses forces.

   Les billes dorées se dirigèrent vers Voldemort, qui ne parvint pas à les repousser. La baguette du Seigneur des Ténèbres s'était mise à vibrer avec une intensité démesurée et, au bout de quelques secondes, une première perle entra en contact avec le bout du bâton d'if.

   De la fumée grise s'en dégagea alors, avec d'inexplicables hurlements de douleurs, et une forme étrange se dessina dans les airs. Harry se doutait qu'il s'agissait du fantôme d'un sortilège « ordinaire » qu'avait jeté Voldemort. Le même phénomène se répéta à plusieurs reprises - retraçant au passage une bonne partie de leur duel -, jusqu'à ce qu'une silhouette humaine se condense enfin, en prenant un aspect solide. Il s'agissait d'un vieil homme à l'air ahuri que Harry pensait vaguement reconnaître pour l'avoir vu en photo dans la Gazette du sorcier.

   Soudain, d'autres perles d'or se formèrent pour se diriger en masse et à toute vitesse vers la baguette plus vibrante que jamais de Voldemort, qui semblait impuissant. Progressivement, une véritable armée de morts parut se dégager de sa baguette. Ils n'avaient plus la place pour marcher le long du fil d'or, comme ils l'avaient fait au début. Au lieu de cela, ils entouraient les deux adversaires aux baguettes reliées, commençant à traiter Voldemort de tous les noms tout en encourageant Harry. Ce dernier eut la surprise d'apercevoir Rufus Scrimgeour parmis la foule des fantômes, ou des ombres...

   - Mon garçon, vous êtes notre dernier espoir, déclara-t-il d'un ton solennel. Je sais que je ne me suis pas comporté en bon ministre, cette année... mais le monde des sorciers compte sur vous, ne l'oubliez pas. Je vous en conjure, éliminez ce monstre ! lança-t-il avec rage.

   Tandis que certains approuvaient, d'autres encore venaient se rajouter à la petite foule des sorciers - ou Moldus - récemment assassinés par Voldemort. Harry reçut un choc lorsqu'il vit le visage d'un homme aux cheveux noirs et gras se matérialiser... Un sorcier enveloppé d'une cape sombre et fantomatique atterrit sur le fil d'or.

   Sous le regard ébahi de Voldemort, un Severus Rogue en noir et blanc s'avançait de son éternel pas traînant en direction de Harry, qui ignorait comment réagir face à une telle situation.

   - Alors, Potter ? On a décidé de se battre dans la cour des très grands, à ce que je vois... Seulement vous vous débrouillez comme un pied.

   - Dégagez de là ! s'exclama Harry. Vous me bouchez la vue !

   - Je ne vais sûrement pas m'en aller maintenant, Potter..., répondit Rogue d'un ton placide. Je suis venu vous aider, espèce d'imbécile. Mais ça, avec votre cerveau arriéré, vous êtes trop stupide pour le comprendre ! Vous êtes bien trop bête pour saisir ces plans qui vous dépassent...

   - Ça suffit, taisez-vous ! cria Harry avec fureur, perdant un peu le contrôle de lui-même qu'il avait repris quelques instants plus tôt. Si vous êtes là pour me dire ça, ce n'est pas la peine !

   - Non, Potter, je ne vais pas me taire, répliqua Rogue dans un murmure. Je dois d'abord vous rappeler votre véritable mission, puisque vous semblez l'avoir perdue de vue : vous devez tuer le Seigneur des Ténèbres !

   Harry entendit le rire glacial de Voldemort s'élever aussitôt derrière Rogue, et il répondit d'une voix plus basse qu'à l'ordinaire :

   - C'est impossible... je dois le stupéfixer...

   - Ce n'est pas de cette façon que vous le vaincrez ! aboya Rogue. Le Seigneur des Ténèbres ne sera totalement vaincu que dans un cas unique, Potter ; et c'est quand il sera mort !

   - C'EST IMPOSSIBLE ! hurla Harry sans avoir pu s'en empêcher, perdant presque toute son assurance. Il a bu votre fichue potion... C'est un dieu à cause de vous... Vous l'avez rendu immortel ! hurla-t-il d'un ton plein de rage et de rancœur.

   - Non, c'est faux, Potter, rétorqua Rogue avec agacement. Le Seigneur des Ténèbres n'est plus immortel depuis que vous avez détruit son dernier Horcruxe, dit-il d'une voix nonchalante. Et il n'a jamais été un dieu, je puis vous l'assurer...

   Harry leva brusquement les yeux vers son ancien professeur de défense contre les forces du Mal et de potions magiques, tandis que Voldemort s'exclamait avec une étrange colère :

   - Qu'est-ce que tu lui racontes, misérable ? Cesse de mentir ! Je sais parfaitement que tu n'as pas pu trafiquer la potion que tu m'as fait boire !

   Rogue éclata soudain d'un rire de dément.

   - C'est amusant... ça me rappelle quelque chose que vous avez dit à Potter, dit-il en se retournant vers son ancien Maître. Je vous ai déjà caché certaines choses, et j'aurais peut-être pu vous empoisonner, qui sait... Mais ce n'était pas nécessaire. La potion que vous avez bue dans le Graal avait les effets que vous souhaitiez qu'elle ait. Seulement, vous avez commis une erreur fatale, Maître... En divisant votre âme en sept morceaux, vous avez tellement pourri votre corps et l'essence même de votre vie que l'Elixir de Divinité, comme vous l'appelez, vous aurait tué au lieu de vous rendre immortel. Alors vous avez eu l'excellente idée de changer la magie blanche en magie noire mais, là encore, vous avez fait une stupide erreur... vous vous êtes servi du sang de Potter pour renaître, déclara Rogue dans un murmure trépignant.

   Il y eut un silence de mort. Même les fantômes échappés de la baguette de Voldemort avaient cessé leur mélange d'insultes et d'encouragements, et étrangement, leur nombre avait cessé d'augmente. Les perles d'or avaient disparu, les baguettes tremblaient moins fort : la magie du fil d'or semblait soudain être devenue passive.

   - Comme ce sang est devenu une des parties essentielles de votre corps, vous n'en avez pas souffert, reprit Rogue d'une voix à peine plus élevée qu'un murmure, mais dont on percevait chaque son dans le mutisme de la salle. Vous n'avez fait que rajouter une propriété nouvelle à votre sang, une propriété légère, infime, quasi-insignifiante... un pouvoir loin d'être aussi intense que celui qui vous a renvoyé votre propre sortilège à la figure il y a seize ans, mais qui annulait malgré tout les effets de la protection de Potter sur vous. Vous n'aviez pas de protection comme celle qu'a eu Potter jusqu'à sa majorité, mais depuis trois ans, vous avez conservé cette propriété dans l'essence même de votre sang... Et si une substance appartenant à la magie noire entrait dans vos veines, elle ne pouvait donc en principe pas faire grand-chose... J'ai essayé de m'assurer de cette propriété lorsque j'ai tiré pour vous les pouvoirs de la Pierre de Sang pour en faire une potion... C'est le plan que Dumbledore a conçu à la dernière minute il y a trois ans, dans l'heure de votre retour, et ce grâce aux confidences que je lui ai faites pendant mes longues années d'enseignement à Poudlard... Et il a été maintenu, par nous puis par moi seul, jusqu'à ces dernières semaines... C'était un pari risqué, car la réussite de notre plan dépendait de notre bonne interprétation des lois les plus mystérieuses de la sorcellerie. Je me suis même disputé avec Dumbledore à cause de ça, mais finalement, nous avions raison... Votre fatigue le prouve, Maître.

   Harry observa Voldemort. Il était vrai qu'un instant plus tôt, ce dernier avait fini par fatiguer magiquement, malgré sa Vie invincible... Et même maintenant, le Seigneur des Ténèbres paraissait essoufflé.

   - Même si vous avez, ou plutôt que vous croyiez avoir vous-même empêché votre pouvoir de grandir davantage après avoir bu la potion, vous n'auriez jamais dû perdre autant de force dans ce duel, reprit Rogue, et ce face à n'importe quel adversaire. Vous avez cru que vous pouviez vous permettre de laisser Potter détruire un par un chacun de vos Horcruxes, mais vous vous êtes trompé... Vous n'êtes plus qu'un homme mortel... Maître, déclara l'ombre de Rogue, qui s'inclina avec un rictus effrayant.

   Voldemort semblait encore plus livide que d'habitude, si une telle chose était possible. Il paraissait réellement effrayé, d'une peur qui, pour la première fois, avait peut-être réussi à vaincre partiellement la froideur de son visage blafard... On aurait dit que les dernières paroles de Rogue avaient sonné comme son arrête de mort.

   Au bout d'un nouvel instant d'un silence très lourd, Rogue dit lentement :

   - Le Seigneur des Ténèbres... aurait-il découvert qu'il existe des choses que l'on peut lui cacher ?

   Puis il se retourna vers Harry, et lui jeta un regard qui lui sembla très pesant, en le fixant intensément de ses yeux de fumée noirs et vides de toute chaleur.

   - Vous devez le tuer, Potter, c'est votre seule seule chance. Il est mortel, et si j'en crois ce que dit Dumbledore, vous avez le pouvoir de le tuer dans ce cas de figure... Mais si jamais vous échouez, je ne serai pas indulgent comme lui..., ajouta-t-il dans un nouveau murmure, d'une voix un tantinet tremblante. Je puis vous assurer que vous ne serez jamais en paix dans l'autre monde si Lord Voldemort ne meurt pas ce soir...

   - Attendez ! s'exclama Harry, complètement désorienté.

   Il ne comprenait pas ces brusques révélations, ni ce revirement inexplicable...

   - Je ne comprends rien... Vous me haïssez... vous m'avez toujours considéré comme un moins que rien, que je sache... Vous avez tué Dumbledore... Et maintenant, vous me demander de tuer votre Maître ? dit-il d'un ton incrédule. Vous êtes dans notre camp ou dans le sien ? lança-t-il, ayant l'impression de devenir complètement fou.

   L'ombre du Prince de Sang-Mêlé continua de l'observer un instant avant de répondre tranquillement, d'une voix nonchalante, arrogante, parfaitement semblable à ce qui avait toujours été la façon de parler de Severus Rogue :

   - Toute vos affirmations sont correctes, Potter. Quant à votre dernière question, elle est sans importance, puisque je suis mort, et la réponse ne changera rien à la situation actuelle. De toutes manières, je n'ai pas d'explication à vous donner. J'ai déjà dit au Seigneur des Ténèbres - et vous l'avez entendu - tout ce que vous aviez réellement besoin de savoir. Alors...

   La baguette de Voldemort, ainsi que celle de Harry, se remirent soudain à vibrer avec une telle intensité que ce dernier ne put empêcher le fil d'or de se briser dans une pluie d'étincelles. Le dôme en forme de toile d'araignée s'évanouit aussitôt.

   - TUEZ-LE ! beugla Rogue d'une voix déchirée, son visage se tordant soudain dans une horrible expression de démence.

   Mais il disparut lui aussi, ainsi que le reste de la foule de fantômes grisâtres. Harry et Voldemort se trouvaient de nouveau seuls, face à face dans la chambre de la Mort ; mais aucun d'eux ne semblait prêt à reprendre leur duel pour le moment.

   Harry était en état de choc. Cela avait d'ailleurs été le cas à chaque fois qu'il avait entendu parler de Rogue, ces derniers mois... Rogue avait dupé Voldemort... il avait continué à le servir et à tirer les pouvoirs du Graal uniquement pour que Voldemort laisse Harry détruire chacun des six Horcruxes... Cela signifiait également qu'il n'avait pas abusé Abel, en fin de compte... et aussi... qu'il avait tué Dumbledore dans l'intérêt de sa mission. Après tout, Dumbledore avait ingéré une potion mortelle ; il était déjà mourant ce soir-là, et Rogue l'avait peut-être compris à ce moment... Mais il avait tellement de mal à encaisser tout ça, et il y avait encore tellement de choses qu'il ne comprenait pas vraiment...

   - Tu médites, Potter ?...

   Harry releva la tête. Voldemort était debout, à plusieurs mètres de lui, sa baguette pointée sur Harry. C'est alors seulement que celui-ci remarqua qu'il s'était laissé tombé, les genoux au sol, perdant toute combativité.

   Il se ressaisit violemment. Ces réponses avaient sans doute beaucoup d'importance pour lui, mais en avaient-elle véritablement en ce moment même ? Non, aucune, pensa Harry, furieux contre lui-même. C'était le sort du monde des sorciers tout entier qui était en jeu ce soir ; la vie de tous les élèves de Poudlard, également ; et celles de Ron, Hermione, Neville... Ginny... et lui ne trouvait rien de mieux à faire que de penser à ses stupides différends avec Rogue.

   Il serra plus fermement le bois toujours chaud de sa baguette magique et amorça un mouvement pour se redresser. Mais lorsqu'il eut relevé un de ses genoux, il vit avec surprise que Voldemort avait baissé sa baguette, laissant son bras droit négligemment pendu le long de sa robe de sorcier noire. Le visage du Seigneur des Ténèbres était absolument impassible, il redevenu aussi blanc et froid que d'habitude.

   - Pourquoi ? dit-il simplement. Pourquoi continues-tu à te battre ?

   - Pour vous tuer, répondit Harry avec hargne.

   Mais Voldemort éclata de rire.

   - Alors, tu crois vraiment que tu vas pouvoir me tuer, à cause de ce que t'a dit Severus ?... demanda-t-il d'un ton calme. Il est vrai qu'il semble avoir réussi à me berner... je t'ai laissé détruire tous mes Horcruxes, en croyant être devenu définitivement immortel. En réalité, pour l'instant, je suis mortel... mais ça ne change strictement rien, dit Voldemort de sa voix glaciale. Tu ne peux toujours rien contre moi. Tu as réussi à réveiller le lien de nos baguettes en concentrant toute ta volonté dans ton Inertio, mais tu ne pourras pas réitérer un tel exploit... tu es trop fatigué pour ça. Tu vas encore devoir affronter mon pouvoir, mais, cette fois-ci, il ne te restera plus aucun autre secours que le tien... L'issue est donc certaine, déclara Voldemort, sa bouche sans lèvre s'étirant dans un sourire de triomphe glacé. Et une fois que tu seras mort, je n'aurai qu'à récupérer la Pierre de Sang. Je sais que tu l'as dissimulée à Poudlard, et tu ne seras pas en mesure de prévenir tes amis qu'il faut la détruire... en imaginant qu'ils soient toujours en vie. Ensuite, je n'aurai qu'à tirer de nouveau les pouvoirs de la Pierre, en me servant des recherches effectuées par Severus, et je boirai de nouveau la potion. Ce sera redevenu le rituel de base, mais si mon sang a annulé les effets de la magie noire, il devrait également annuler les effets néfastes de cette « magie blanche » sur moi... et cette fois-ci, je deviendrai réellement le Dieu des Ténèbres. Tu vois, Potter... au final, c'est quand même moi qui gagne.

   Harry savait que Voldemort avait raison. Il ne pouvait rien contre l'arme ultime de son ennemi ; il ne pouvait rien contre la mort... Mais il n'abandonnerait pas malgré tout. Il se battrait jusqu'au bout, comme il l'avait toujours fait, et il s'obligerait encore à espérer la victoire, au-delà de toute raison.

   Il croisa de nouveau le regard du Seigneur des Ténèbres, qui affichait maintenant une expression irritée. Harry voyait dans ces yeux rouges que Voldemort lisait dans ses pensées.

   - Tu es vraiment agaçant, Potter..., murmura ce dernier. Je viens de t'expliquer que la victoire m'appartenait. Tu sais que tu ne pourras pas survivre, et encore moins me tuer... alors pourquoi te battre encore ? Explique-moi donc ça avant de mourir... pourquoi te bats-tu ?

   Harry resta silencieux. La question de Voldemort n'était pas tout à fait sans fondement. C'était vrai, après tout : pourquoi se battait-il ? Ou plutôt, pour quoi ?

   A présent, lorsqu'il se disait qu'il se battait pour la mort de Voldemort, il avait du mal à s'en convaincre... En réalité, il avait toujours été motivé par « l'amour », comme disait Dumbledore... Mais c'était plutôt avec cela qu'il se battait. L'affection qu'il pouvait éprouver pour Ginny, pour ses amis, ses camarades, ou d'autres connaissances... c'était comme une source d'énergie inépuisable dont il se servait pour que ses sorts soient autant, voire plus puissants que ceux de Voldemort. Mais cette arme ne lui permettrait jamais de lancer le sortilège Avada Kedavra...

   Comment espérer jeter ce sort avec plus de puissance que Voldemort, alors qu'il ne saurait même pas le jeter tout court ? Il n'en avait même pas envie... Cela signifiait-il que l'amour, qu'il avait enfin fini par savoir utiliser, et dont Dumbledore lui avait parlé pendant si longtemps comme étant le seul pouvoir efficace contre Lord Voldemort, ne pouvait rien contre le sortilège le plus terrible et le plus puissant du Seigneur des Ténèbres ?...

   Et pourtant, par son sacrifice, la mère de Harry n'avait-elle pas sauvé son fils de ce même maléfice ? Et quelques instants auparavant, Harry n'avait-il pas su résister avec une force telle que le sortilège soi-disant invincible de Voldemort avait fini par stopper sa course, avant que la tension entre les deux baguettes ne réveille le lien qui les unissait ? A ce moment-là, il n'avait eu qu'une seule chose en tête...

   Comment vaincre la mort ?... La réponse était évidemment là, sous ses yeux, ou plutôt en lui-même... A la base, il ne se battait pas pour la mort...

   Saisi d'une soudaine impulsion, il releva une nouvelle fois la tête, puis il acheva de se lever d'un bond en répondant enfin, s'écriant à plein poumon :

   - POUR LA VIE !

   Il avait levé sa baguette et l'avait pointée droit sur Voldemort, qui avait toujours l'air autant en colère.

   Harry se sentait envahi d'une étrange force, à la fois indéfinissable et merveilleuse, qui parcourait tout son corps et son esprit. C'était comme un point d'achèvement. Il se battait avec l'amour, non pas pour la mort de Voldemort, mais pour sa propre vie, et aussi celle de tous les autres, quoi qu'ait pu en dire Rogue...

   - Très bien, Potter... Alors finissons-en !

   A son tour, Voldemort leva sa baguette magique dans une position parfaitement semblable à celle de Harry. Leurs derniers sortilèges allaient se rencontrer.

   Pendant une seconde, Harry sentit son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Il allait vivre ou mourir maintenant. Il ignorait s'il allait l'emporter ou non ; il ne savait même pas si les mots qu'il s'apprêtait à prononcer avaient le moindre sens dans aucune langue connue... Mais il était en revanche persuadé qu'en ce moment, les mots n'auraient que le sens qu'il leur donnerait. Il savait parfaitement ce qu'il avait à faire, et il n'avait pas peur d'affronter son destin... il avait seulement peur du résultat.

   Mais il chassa vite cette pensée inutile de son esprit. Il était concentré ; il se sentait parfaitement prêt, quoi qu'il advienne...

   L'instant fatal arriva.

   - Avada Kedavra ! s'écria Voldemort de sa voix glaciale et suraiguë.

   - AVADA ANIMA ! rugit Harry de toutes ses forces et de tout son cœur.

   Deux éclairs de lumière éblouissante s'échappèrent des deux baguettes magiques, et fusèrent dans deux directions opposées. L'un était bien entendu vert, et l'autre doré comme le soleil. Un bruit assourdissant, semblable à une tempête, retentit et résonna entre les murs de la chambre de la Mort. Les deux sortilèges se heurtèrent à mi-chemin, et l'éclair de lumière verte se brisa puis s'éteignit complètement, tandis que, très légèrement dévié, le jet d'or blanc poursuivait sa course.

   Durant une ultime fraction de seconde, le Seigneur des Ténèbres poussa un cri percant. Et peut-être pour la première fois de son existence, il ne s'agissait pas d'une exclamation glaciale, dénuée d'émotion humaine, mais bien d'un hurlement de terreur. Puis le sortilège de la Vie le frappa au front, et Lord Voldemort s'effondra sur le sol.

   Il était mort.

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Tous les commentaires de l'article:
Chapitre XXXIV : La Guerre des Sages (suite et fin du chap)

  • tati11

    jeu 07 jun 2007 18:56

    parfait! merveilleux, sublime! la vie contre la mort : bravo!!!

  • un ga

    mar 22 mai 2007 15:06

    Kel Travail !!!!!!!

  • bodder

    dim 06 mai 2007 18:31

    je zuis drès dézu gue bon brovézeur brévéré beurt bais j'ezbère gue dous le reverrons drès biendôt,(dans un rêve)il be bangue édorbébent...
    zed agazant voldy est envin bort...héhé,gondiduez vodre vigzion drès jère,dous avons grande hâte de zavoir la vin!!!!!
    tendrebent

  • ben

    sam 05 mai 2007 20:39

    encore super mait t'arret pas la jespere!!!!

  • ????

    ven 04 mai 2007 23:39

    Moi je voudrais savoir ce qui se passe une fois Vold.
    mort.Ca serait sympa sinon c'était super!!!

  • ....

    mer 02 mai 2007 20:53

    merci franchement tro bien ta fic
    jé kiffe

  • ben

    mar 01 mai 2007 13:14

    super!!!!!!!!!!

  • Nath

    mar 01 mai 2007 10:14

    je voulais te remercier pour les bons moments que j'ai passé à lire ta fic .
    elle est très bien !!
    Au prochain chapitre ....

  • serge

    dim 29 avr 2007 22:11

    formidable


 

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