Accueil Date de création : 21/07/06 Dernière mise à jour : 30/06/08 12:41 / 76 articles publiés
 
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Chapitre XXXVI : Le Mage blanc  ([Fanfiction] Harry Potter et la Guerre des Sages) posté le lundi 28 mai 2007 21:59

 

 

 

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Le Mage blanc

 

 

   - Harry, dépêche-toi.

   - Une minute.

   - Qu'est-ce que tu fais ?

   - J'essaye de nouer correctement cette fichue cravate ! répondit Harry, en s'emportant légèrement. Quelle idée d'avoir voulu me faire acheter cette robe avec un col en v, franchement...

   Il entendit quelqu'un étouffer un fou rire.

   - Désolé... Hermione m'a dit que ça ferait plus « tendance ». D'après elle, le style moldu commence à entrer dans la mode... et je trouvais ça très drôle de t'imaginer à la mode.

   Le rire retentit de nouveau.

   - Oh oui, très drôle..., répliqua Harry, agacé. A force de vous fréquenter, vous avez fini par vous ressembler de plus en plus, toutes les deux, remarqua-t-il d'un ton réprobateur. Au fait, Ron et Hermione sont déjà là ?

   - Non. Mais dans leur dernière lettre, ils ont assuré qu'ils seraient rentrés à temps pour la cérémonie, et Hermione fera en sorte qu'ils puissent tenir leur promesse. Ron a dû les retarder, j'imagine, mais au pire, ils transplaneront. Il y a bien une époque où vous le faisiez pour un oui ou pour un non... Bon, je crois que je vais aller à l'église avec maman et Luna, maintenant. Neville t'attend dans le salon. Et tu n'as pas du tout intérêt à être en retard pour ton propre mariage, Harry Potter, sinon tu risques d'en subir les conséquences pendant la nuit de noce !

   Harry éclata de rire à son tour.

   - Mon dieu ! s'exclama-t-il d'un ton amusé. Maintenant c'est sûr, je ne peux plus être en retard, le risque est bien trop grand...

   - Ris tant que tu le peux !

   Et après cette réplique prononcée d'une voix hautaine, des bruits de pas étouffés indiquèrent que Ginny redescendait dans le salon. Harry, lui, continua de rire une bonne dizaine de secondes, avant de se calmer.

   Il se trouvait au Terrier, dans l'ancienne chambre de Ron. C'était ici qu'il dormait depuis près de quatre ans, maintenant, depuis le mois qui avait suivi la mort de Voldemort... Il vivait avec Ginny, Ron, Hermione, Neville et, depuis un peu plus de trois ans, avec Mrs Weasley. Harry se rassit sur sa chaise, près du miroir que Ginny avait fini par lui prêter un quart d'heure plus tôt, et commença à se remémorer assez sereinement les quatre dernières années de sa vie.

   Car plus de quatre longues années s'étaient écoulées depuis qu'il s'était évanoui après avoir ranimé Ginny, près d'une masse de cadavres recouverts de draps blancs, sur le sol de la Grande Salle de Poudlard... C'était un mardi, à une heure du matin, et il s'était réveillé deux jours plus tard à Ste Mangouste, où on l'avait gardé presque de force jusqu'à la fin de la semaine. Pendant ce temps, à l'extérieur, la lutte contre l'armée de Voldemort avait continué.

   D'après les informations qu'on lui avait données, durant les deux jours où Voldemort avait été le Maître du Royaume-Uni, les derniers résistants qui s'étaient cachés avaient pu rentrer en contact avec des ministères de la Magie étrangers. La nuit de la mort de Voldemort et de la fuite de son armée, des Aurors venus de toute l'Europe avaient donc pu réinvestir le village de Pré-au-Lard, l'allée des Embrumes, le ministère de la Magie, le Chemin de Traverse (qui avait été pris d'assaut tout de suite après la chute du ministère) et Azkaban avant que les Mangemorts et leurs créatures ne puissent s'y réfugier. S'était ensuivie près d'une semaine de lutte acharnée au bout de laquelle l'armée de Voldemort avait fini par se disperser complètement, signant ainsi la fin de la guerre. Grâce aux renforts, une bonne trentaine de Mangemorts avaient pu être ainsi capturés, mais plus d'une soixantaine étaient restés dans la nature même si, aujourd'hui encore, ils étaient activement recherchés. Nott n'avait pas été retrouvé, ni pratiquement aucun de ceux qui s'étaient déjà retrouvés à Azkaban jusqu'à l'évasion massive de 1996...

   Bien entendu, il avait fallu réorganiser et reconstruire la communauté des sorciers ; l'étendue des dégâts était heureusement moins considérable qu'on ne pouvait le craindre. En effet, la plupart de ceux qui n'avaient pas réussi à s'enfuir, au ministère de la Magie, s'étaient rendus à Voldemort et avaient ainsi survécu ; et il en avait été de même pour la grande majorité des foyers de sorciers. Mais au final, tout comme pour la première guerre, le seuil record de mille morts (près d'un tiers de la communauté magique de Grande-Bretagne) avait été dépassé : cette fois-ci, cela n'avait pris que deux ans, contre onze la première fois que Voldemort avait tenté de prendre le pouvoir.

   Les familles de Ron et de Neville étaient restées « intactes ». Charlie (qui se trouvait toujours en Roumanie), Percy (qui s'était rendu à Voldemort avec d'autres membres éminents du ministère), Bill, Fleur, Fred et George - ces quatre derniers avaient réussi à rester cachés suffisamment longtemps - n'avaient pas été tués, ni la grand-mère et les grands-oncles de Neville. Les parents de ce dernier, ainsi que Mrs Weasley, avaient également survécu car, pendant plus de deux jours, l'hôpital Ste Mangouste avait été barricadé de la couche la plus épaisse possible d'enchantements de protection, et il avait été impossible d'y transplaner avec des intentions un peu trop mauvaises. Heureusement, ce qui restait du ministère de la Magie avait finalement réussi à convaincre les guérisseurs qu'ils ne couraient plus de danger imminent, et les blessés de la bataille de Poudlard - ainsi que tous ceux de la lutte pour reprendre les plus grandes places magiques d'Angleterre, la semaine suivante - avaient pu être soignés convenablement.

   Et c'est ainsi que Harry s'y était retrouvé, jusqu'à ce que les Aurors - anglais ou non - eussent achevé de repousser et dissoudre l'armée de Voldemort. Ginny aussi y avait été transportée, mais elle était restée deux jours de plus à cause de son grand état de fatigue, qui était autant physique que mental. Harry demandait toujours comment elle allait. Puisqu'ils n'étaient pas dans la même chambre et qu'on ne les laissait pas s'éloigner de plus de quelques mètres de leur lit, Hermione s'en chargeait ; et elle, Ron et Neville leur rendaient visite tous les jours. Un peu moins souvent, Harry voyait tout de même beaucoup d'Aurors ou de hauts membres du ministère de la Magie, qui prétendaient venir eux aussi « prendre de ses nouvelles ».

   Ils s'étaient montrés heureusement beaucoup plus courtois que les autres fois où il les avait vus dans des situations semblables, mais posaient indirectement beaucoup de questions gênantes. Ils s'efforçaient bien sûr de savoir ce qui avait bien pu se passer le soir de la mort de Voldemort : qu'est-ce que Harry avait fait cette nuit-là et, surtout, avait-il lui-même achevé, assassiné Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ? Embarrassé, Harry essayait de rester le plus vague possible sur le sujet, et il n'avait même jamais confirmé à qui que ce soit - Ginny, ses trois meilleurs amis, et le professeur McGonagall mis à part - qu'il avait bel et bien tué le Seigneur des Ténèbres de sa propre baguette. Il ne voulait surtout pas que, juste après qu'il se fut enfin débarrassé de Voldemort, on le condamne à subir des regards encore plus nombreux et insistants qu'auparavant, partout où il irait. En fin de compte, il n'avait pas obtenu l'Ordre de Merlin qu'on lui avait presque promis depuis l'attaque de Londumor, mais il s'en moquait totalement.

   Cependant, l'information selon laquelle il avait été la dernière personne à s'être trouvée en présence de Voldemort s'était répandue comme une traînée de poudre dans la communauté des sorciers, et rares étaient ceux qui n'avaient pas encore l'intime conviction que Harry avait prouvé qu'il était bien l'Elu, la nuit du 29 au 30 juin de cette année... Cette certitude de tous suffisait déjà - malgré lui - à le faire considérer très modestement comme l'un des plus grands sorciers du monde, l'homme qui avait vaincu le plus grand mage noir de tous les temps ; mais à cela s'ajoutait une rumeur, qui provenait d'on ne savait où, selon laquelle il avait ressuscité Ginny Weasley, frappée par le sortilège de la Mort moins de vingt minutes plus tôt... Pendant près de quinze ans, on l'avait surnommé « le Survivant » ; les deux années suivantes, il avait été considéré comme « l'Elu ». A Ste Mangouste, Ron lui avait appris d'un air amusé qu'un nouveau surnom lui avait été donné depuis la mort de Voldemort : désormais, on l'appelait « le Mage blanc »... Quand il avait entendu cela, Harry avait senti ses joues le brûler avec une grande intensité, tandis que Ron, Hermione et Neville avaient éclaté de rire.

   Il était donc resté plus de six jours à Ste Mangouste. Le lundi suivant, au matin, il était rentré à Poudlard, où les élèves, ainsi qu'un bon nombre de « réfugiés », étaient restés deux semaines de plus que ne le prévoyait le calendrier scolaire. L'école de sorcellerie était devenue le siège du pouvoir de fortune - composé de membres du ministère de la Magie - qui dirigeait le pays en attendant de pouvoir réorganiser l'ancien ministère. Mais les élèves avaient fini par rentrer chez eux, retrouvant les parents qui leur restaient, et le ministère s'était réinstallé dans les sous-sols de Londres. Quant à Harry, Ron, Hermione, Ginny et Neville, ils avaient dû choisir un endroit où habiter.

   Le professeur McGonagall leur avait proposé de passer les vacances d'été à Poudlard, mais ils avaient refusé, préférant prendre un peu plus d'indépendance maintenant que, Ginny exceptée, ils étaient majeurs et que leurs études étaient terminées - c'était aussi pour cette raison que Neville avait préféré ne plus habiter chez sa grand-mère, laquelle avait rarement été aussi fière de la maturité de son petit-fils. Hermione aurait pu disposer de l'appartement de ses parents, mais elle avait refusé d'habiter là-bas toute seule, et avait préféré le vendre. Il restait le Terrier. Comme ni Bill, ni Charlie, ni Percy, ni les jumeaux n'y habitaient plus, Ron et Ginny en disposaient pour eux tout seuls, et c'est ainsi que Ron leur proposa de venir habiter avec eux, pour « remplir les chambres de la maison ».

   Au début, ils avaient pris chacun une des cinq chambres de la maison, mais les choses avaient un peu changé lorsque, après le premier Noël qu'ils avaient passé dans leur cohabitation du Terrier, Ron, initié un peu trop brutalement à l'alcool, avait lâché une information très embarrassante sur la nature des choses qu'il avait pu faire avec Hermione, un soir de retrouvailles durant lequel Harry avait vu en rêve la mort d'un ancien Mangemort et professeur... Après ne s'être plus adressé la parole pendant près de trois semaines, Ron et Hermione avaient décidé de partager l'ancienne chambre de Mr et Mrs Weasley. Harry, lui, était passé de la chambre de Percy à celle de Ron. Neville dormait dans l'ancienne « antre » des jumeaux, et Ginny était restée dans ce qui avait toujours été sa chambre.

   A Ste Mangouste, l'état mental de Mrs Weasley avait fini par s'améliorer progressivement. Il était apparu que son amnésie et son comportement n'avaient été, selon les guérisseurs, qu'un refus très compréhensible d'accepter la réalité : une sorte d'état de choc prolongé, et accentué dès le départ par la douleur physique infligée par Voldemort. Harry se demandait si la mort de ce dernier, et surtout la fin des actions criminelles des Mangemorts n'avaient pas permis à Mrs Weasley de faire son deuil plus facilement... En tout cas, lentement, elle avait commencé à regarder autrement les gens qu'elle connaissait, les membres de sa famille, et elle s'était mise à reparler d'une façon plus cohérente.

   Après un an et demi de convalescence, il semblait qu'elle avait retrouvé tous ses esprits et, bien que marquée mentalement et physiquement - elle était veuve, et devait s'aider d'une canne pour marcher, même si elle s'efforçait d'être la plus indépendante possible -, elle avait quitté l'hôpital et s'était installée dans la dernière chambre libre du Terrier. Malgré une légère tristesse que Harry croyait toujours apercevoir à travers ses regards maternels, Molly Weasley paraissait très heureuse de voir ce que devenaient ses plus jeunes enfants, ainsi qu'Hermione, Neville, et Harry.

   Les résultats des ASPIC étaient déjà arrivés depuis très longtemps, à ce moment-là. Quatre hiboux étaient entrés simultanément, en fin d'été - cela faisait alors plus d'un mois qu'ils s'étaient installés tous les cinq -, s'engouffrant par une fenêtre ouverte du Terrier pendant le petit déjeuner, et Harry, Ron, Hermione et Neville avaient lu et relu leurs propres résultats plusieurs fois de suite dans un silence de mort avant de s'annoncer mutuellement leurs notes. Sur une feuille de parchemin fraîchement sortie de la lettre qui lui était adressée, Harry avait ainsi pu lire :

 

APPLICATION DE SORCELLERIE

PARTICULIEREMENT INTENSIVE ET CONTRAIGNANTE

 

Le candidat est admis                              Le candidat est recalé

s'il obtient l'une des                                   s'il obtient l'une des

notes suivantes :                                                 notes suivantes

Optimal (O)                                                                 Piètre (P)

Effort exceptionnel (E)                                           Désolant (D)

Acceptable (A)                                                               Troll (T)

 

HARRY JAMES POTTER A OBTENU :

 

Sortilèges :                                                                               O

Défense contre les forces du Mal :                                          O

Botanique :                                                                               E

Potions :                                                                                   A

Métamorphose :                                                                       O

 

   Il avait donc non seulement réussi les cinq ASPIC qu'il avait passés, mais il avait également obtenu - à sa grande surprise - trois « Optimal » - voir cette mention à côté de « Métamorphose » l'avait beaucoup étonné. Malheureusement, il n'avait eu qu'un « Acceptable » en potions... et pour être Auror, il fallait cinq « Effort exceptionnel », ce qu'il n'avait pas obtenu. Sur le moment, il s'était dit que s'il avait travaillé encore plus sérieusement, ou plutôt s'il avait eu l'intelligence élémentaire de ne pas prendre tout juste cinq matières pour les ASPIC, il aurait pu poursuivre la voix qu'il s'était choisi. Mais il avait rapidement vu les choses autrement...

   Hermione avait obtenu - et elle avait été la seule à en paraître un peu hébétée - ses sept ASPIC, sept « Optimal ». Ils avaient tous les quatre décroché la même mention en défense contre les forces du Mal, sans doute grâce à l'enseignement d'enfer que leur avait fait subir Abel. Neville avait également eu la note maximale en botanique, et un E en sortilèges. Quant à Ron, hormis son O et un A en potions, il avait réussi à obtenir trois « Effort exceptionnel ».

   Par la suite, ne sachant pas trop où aller, il s'était fait embauché dans plusieurs petites boutiques, ayant généralement un rapport avec les farces et attrapes, la nourriture, ou le Quidditch. Pendant près de deux ans, il avait travaillé dans la société Nimbus, « gravissant les échelons » dans le domaine de la vente de balais, mais il n'avait cependant pas obtenu de poste suffisamment intéressant ou important à son goût. Depuis un an, maintenant, il était entré au Département des jeux et sports magiques du ministère de la Magie, et il n'en était plus ressorti depuis : apparemment, Ron se sentait à l'aise dans le vaste ensemble de tâches, relations et actions qui concernaient cette branche de la magie.

   Hermione, elle, était directement entrée au ministère, en tant que stagiaire au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques. Mais il semblait que ses idées avaient un peu trop dérangé - notamment en ce qui concernait les droits des elfes - et elle avait été mutée au accidents et catastrophes magiques, d'abord au Comité des inventions d'excuses à l'usage des Moldus, puis dans un domaine plus large - et plus élevé dans la hiérarchie. Même si elle avait été furieuse d'être ainsi écartée de la cause qu'elle souhaitait défendre, elle s'était montrée très dévouée pour la nouvelle tâche qui lui était impartie, et dont l'importance était primordiale après tous les dégâts causés par Voldemort.

   Quant à Neville, il n'avait eu aucun mal à obtenir un travail qui lui convenait parfaitement, dans le département de recherche d'une des plus grandes sociétés d'horticulture magique du pays. Après avoir décidé de passer outre la déception causée par la fin de ses ambitions d'Auror, Harry, lui, avait d'abord plus ou moins suivi Ron dans ses « petits boulots ». Mais il ne se laissait pas aller pour autant.

   Il suivait de très près l'évolution de la situation, concernant l'armée de Voldemort, car même si celle-ci s'était dispersée, son action n'avait pas totalement cessé. Il y avait bien sûr le souci de retrouver la soixantaine de mages noirs qui se promenaient en liberté à travers le monde, tâche à laquelle le ministère, mais aussi l'Ordre du Phénix accordaient beaucoup d'importance ; mais il y avait un problème plus immédiat. En effet, parmi les créatures maléfiques lâchées dans la nature, il y avait toujours les Détraqueurs, qui n'avaient cette fois-ci pas été réinvestis de la garde de la prison d'Azkaban ; et ceux-ci, même s'ils essayaient de se faire discrets pour ne pas risquer d'être persécutés, faisaient remarquer leur présence partout à travers le monde, par d'étranges épidémies de dépressions, ainsi que par des agressions aux conséquences parfois tragiques... Ils représentaient la principale raison pour laquelle l'Ordre du Phénix ne s'était pas encore dissout, et Harry s'y montrait très actif, que ce soit aux réunions ou sur le terrain.

   D'autre part, en plus de sa participation active à la lutte contre les forces du Mal, il avait décidé de se « cultiver » davantage dans ce domaine, en entreprenant certains voyages et en étudiant des livres très spécialisés - mais simples à lire. Il se préparait au métier, plus stable, dans lequel il comptait entrer dès le 1er septembre prochain, deux semaines à peine après son mariage avec Ginny...

   Car Ginny était bien vivante, même si elle avait cessé de l'être durant une vingtaine de minutes, quatre ans plus tôt - toutefois, et Harry s'était acharné à le répéter sans que beaucoup ne le comprennent vraiment, elle n'avait jamais été morte. Harry était absolument persuadé que s'il avait attendu quelques minutes, voire seulement quelques secondes de plus, Ginny aurait effectivement été morte ; il savait - il avait l'intime conviction - que l'esprit de Ginny n'avait pas encore quitté le monde physique au moment-clef, et que sans cela et l'enchantement d'Uniorganie jeté par Mme Pomfresh et le professeur Flitwick, son sortilège n'aurait pas pu la ranimer. Harry tenait à parler de réanimation, et non de « résurrection ». Une vraie résurrection était impossible, il le savait. Lui n'avait que ranimé la force magique de la Vie, dont Hermione lui avait expliqué la nature des mois auparavant ; il n'avait fait que réunir un corps et un esprit encore proches et intacts.

   Ginny avait dû se reposer pendant plus d'une semaine, à cause d'une grande faiblesse physique et mentale qui lui était venue dès qu'elle s'était réveillée sur le sol de la Grande Salle de Poudlard, tout juste consciente. Ensuite, au bout d'un mois, on pouvait dire qu'elle avait retrouvé une santé et une vitalité parfaites, au grand soulagement de Harry et de l'ensemble des Weasley. Harry et Ginny avaient continué à sortir ensemble. Bien sûr, ils avaient été séparés pendant de longs mois à cause de la dernière année de la cadette des Weasley à Poudlard, mais ils s'étaient continuellement écrits, et vus pendant les vacances - en prenant garde toutefois de ne pas s'étouffer. Puis Ginny était sortie de Poudlard.

   Elle avait obtenu six ASPIC : trois « Optimal » en sortilèges, en défense contre les forces du Mal et en soins aux créatures magiques, et trois « Effort exceptionnel » en botanique, en métamorphose et en potions. Ensuite, après avoir passé quelques examens préliminaires, elle s'était engagée dans trois longues années d'études pour une voix toute particulière : celle des Aurors. Elle avait obtenu tous les diplômes avec les mentions nécessaires et avait assuré d'un air flamboyant et des plus sincères que Harry - bien que ce dernier ne lui ait jamais posé la question - n'était pour rien dans ce choix ; ou plutôt, elle avait dit que même si certaines personnes avaient pu l'influencer, cela restait un choix tout à fait personnel et mûrement réfléchi.

   Quatre années avaient donc passé ainsi ; ils avaient continué de vivre au Terrier. Un an auparavant, Harry et Ginny, dont le couple, même s'il avait forcément un peu évolué, était resté solide et ne montrait aucun signe d'essoufflement, s'étaient fiancés. C'était plutôt Ron et Hermione qui semblaient, au fond, être restés les mêmes. Ils se disputaient toujours pour un oui ou pour un non, parfois pour des raisons plus graves que d'autres, mais ils finissaient toujours par se réconcilier (même quand cela nécessitait de lourdes interventions de la part de leurs proches) et paraissaient être toujours très amoureux aux yeux de ceux qui savaient déceler ce genre de chose. Bref, le 1er mars dernier, le jour de son anniversaire, Ron, après avoir très gracieusement reçu ses cadeaux et dévoré un délicieux gâteau au chocolat de Mrs Weasley, avait fait devant toute sa famille et l'ensemble de leurs amis sa demande en mariage, à genou devant une Hermione aussi écarlate que les oreilles de Ron. Cela avait jeté un embarras presque aussi palpable qu'à la suite de la révélation qui les avait décidés à dormir dans la même chambre ; mais une semaine plus tard, Ron et Hermione avaient de nouveau réuni leurs amis pour annoncer publiquement leurs fiançailles.

   Ils s'étaient mariés au début de l'été, dans une salle spéciale du ministère de la Magie prévue à cet effet. Puis ils avaient profité des vacances pour entreprendre un long voyage de noce, à travers la Chine, un pays dont la culture - moldue ou sorcière - enthousiasmait beaucoup Hermione. Bien sûr, ils allaient revenir ce jour-ci. C'était un 16 août, il était onze heures du matin, et le soleil tapait à travers la fenêtre ouverte de la chambre de Harry, qui essayait toujours de nouer sa cravate rouge.

   Au bout de cinq longues minutes de lutte, il finit par obtenir un résultat à peu près passable, dont il améliora nettement la qualité avec quelques petits coups de baguette. Il essaya de juger l'allure qu'il avait, avec sa robe bleue marine et sa cravate, par-dessus sa chemise blanche. Il soupira, puis ouvrit la porte et descendit d'un pas précipité dans le salon. Neville l'attendait, debout au pied de l'escalier.

   - Tu as enfin réussi à nouer ce truc. Ginny n'avait pas l'air très contente, prévint-il.

   - Je ne pense pas qu'elle ait vraiment cru que je serais en retard, répondit Harry avec un sourire. Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il soudain.

   Il avait l'impression que Neville était gêné de quelque chose.

   - Rien, assura celui-ci. C'est juste que... Enfin, je voulais te remercier de m'avoir choisi comme témoin, dit-il en souriant à son tour.

   - Tu l'as déjà fait trois fois, ce mois-ci, dont deux cette semaine, répondit Harry d'un ton mi-las, mi-amusé. Et puis c'est normal, non ? Quand on n'a pas de famille, on choisit ses meilleurs amis. Enfin, pour ce que j'en sais..., ajouta-t-il, songeur.

   Il donna une tape amicale dans l'épaule de Neville, puis ils sortirent tous les deux de la maison, laissant le Terrier totalement vide de présence humaine ; et après avoir franchi la clôture qui entourait le jardin, ils prirent la direction de Loutry Ste Chaspoule. Une légère brise agitait les feuilles des arbres et leur permettait de supporter la chaleur, tandis qu'ils avançaient d'un pas tranquille vers le petit village moldu. Une vingtaine de minutes plus tard, ils entrèrent dans la première rue ; encore cinq minutes et ils étaient dans l'église où Bill et Fleur s'étaient mariés cinq ans plus tôt.

   Les invités - Dean Thomas, Seamus Finnigan, Lee Jordan, Olivier Dubois, Parvati et Padma Patil, Ernie Macmillan, Justin Flinch-Fletchley, Colin Crivey, Minerva McGonagall, ainsi que d'autres amis de Ginny ou de Harry, et la famille Weasley au grand complet - étaient déjà tous arrivés. Ils étaient assis et discutaient entre eux, et Harry et Neville durent serrer un bon nombre de mains avant de se frayer un chemin jusqu'à l'autel, où le prêtre-sorcier discutait avec Ron - l'autre témoin que Harry avait bien entendu choisi en premier - et Mrs Weasley. Cette dernière paraissait très émue. Dix minutes plus tard, tout le monde s'était assis, hormis Harry, le prêtre et les témoins. La porte de la salle s'ouvrit, et Ginny fit son apparition.

   Dès le premier regard, Harry ne put s'empêcher de la trouver magnifique. Elle portait une longue robe de mariée, d'une couleur bleue turquoise qui allait parfaitement - au goût de Harry - avec sa chevelure rousse flamboyante. Elle s'avançait d'un air digne au bras de son frère Bill, accompagnée par l'air de la marche nuptiale, et elle traversa ainsi toute l'allée qui menait à l'autel, avant de se placer en face de Harry et de le fixer d'un regard intense. Il sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine.

   - Bonjour, mesdames et messieurs, dit le vieux prêtre-sorcier avec un large sourire. Comme vous le savez, nous sommes tous réunis ici afin d'assister à l'union de deux êtres, Harry Potter et Ginny Weasley. Mais je propose qu'ils nous disent - ou plutôt qu'ils se disent devant nous tous - ce pourquoi ils souhaitent cette union, annonça-t-il d'un ton chaleureux avant de tourner son regard vers les deux fiancés. A qui l'honneur ?

   Le visage de Ginny rougit légèrement et elle eut un timide sourire tandis qu'elle haussait les sourcils sans cesser de fixer Harry droit dans le yeux. Sentant lui aussi ses joues le brûler - pourquoi donc les mariages devaient-ils être publiques ? -, celui-ci dit à voix haute :

   - Je crois que je vais commencer...

   Et il commença un discours. Il n'aurait pas su dire si oui ou non, il avait parlé longtemps ou dit beaucoup de choses, l'un pouvant aller sans l'autre. Les jours précédents, il avait essayé d'écrire quelque chose, mais après avoir gâché beaucoup de parchemin pour rien, il avait décidé de parler directement le moment venu - et maintenant il le regrettait peut-être... Ses idées s'étaient tellement embrouillées qu'il ne savait plus exactement ce qu'il avait dit ; il savait seulement qu'il avait parlé du caractère de tigresse de Ginny, de sa capacité à lui dire ses quatre vérités quand il dépassait les limites, et aussi de sa beauté. Ce fut ensuite au tour de Ginny qui, avec un sourire, raconta la façon dont elle avait appris à connaître Harry - d'abord comme l'icône d'un personnage célèbre qui avait permis la fin de la première guerre, puis comme quelqu'un de bien réel, courageux, qui avait toujours combattu avec acharnement les forces du Mal, et tout ce qui pouvait menacer de détruire des vies, des familles... et à la fin, elle ajouta d'un air amusé que, elle aussi, elle le trouvait beau.

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Chapitre XXXVI : Le Mage blanc

  • baptiste mailto

    sam 24 nov 2007 23:07

    Très réussi le mariage! Domage que tu n'as pas fait revenie Hagrid à la place de Trelawnew ça aurait été plus émouvant mais bon c'est ta fic et c'éaiat quand même une très bonne idée!! Franchement si tu écrit d'autre fic (ou des livres on na sait jamais) tu me prévient je veut voir ça! En tout cas félicitations rt un grand BRAVO!


 

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